juste une plume

  • Entrailles : Extrait d' Humeurs, fluides et tempérements (Les travers de l'âme)

    Entrailles

     

    De la noirceur de mes entrailles

    dépend le confort de ma vie.

    Et du tabou de ce carmin

    naîtra la peur viscérale.

     

    Plus que la douleur,

    c’est la nausée qui s’installe.

    Et les piliers de mon corps

    en fléchissent.

     

    Coup de lame

    ou trait de dard,

    le nœud du problème

    palpite sous la tension.

     

    Au creux d’un sofa,

    je m’étale ;

    petit intermède douillet

    dans cette tension sans fin.

  • "Une idée de bonheur par jour", Janine Casevecchie.  

     

    « Le vrai bonheur coûte peu, s’il est cher, il n’est pas d’une bonne espèce. »

    François René de Chateaubriand.

     

    « Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages. »

    Jules Barbey d’Aurevilly.

     

    « Tout bonheur est un chef d’œuvre : la moindre erreur le fausse, la moindre hésitation l’altère, la moindre lourdeur le dépare, la moindre sottise l’abêtit. »

    Marguerite Yourcenar.

  • "Oscar Wilde et le jeu de la mort", Gyles Brandreth.  

     

    « Surveille tes pensées car elles deviennent tes paroles. Surveille tes paroles car elles deviennent tes actions. Surveille tes actions car elles deviennent tes habitudes. Surveille tes habitudes car elles deviennent ton caractère. Surveille ton caractère car il devient ton destin. »

     

    « Quand les hommes cessent de dire des choses agréables, ils cessent de penser aux choses agréables. »

     

    « Le sérieux est l’unique refuge des gens stupides. »

     

    « Un homme civilisé ne regrette jamais un plaisir, et celui qui ne l’est pas est incapable d’en reconnaître un. »

     

    « Bien que j’aie toujours fait cas de l’opinion des acteurs et des spectateurs sur mon œuvre, j’ai tout autant défendu l’idée que l’humilité est réservée aux hypocrites et la modestie aux incompétents. S’affirmer est à la fois le devoir et le privilège de l’artiste. »

     

    « La vérité, c’est que j’aime les superstitions. Elles donnent de la couleur à la pensée et à l’imagination. Elles s’opposent au bon sens et le bon sens est l’ennemi de ce qui est romantique. Conservons une part d’irréalité. Ne soyons pas vulgairement raisonnables. »

  • "Le fantôme de Canterville", Oscar Wilde.  

    « …qu’allons nous faire d’une femme qui tombe en pâmoison ? Opérer une retenue sur ses gages,… Ensuite, elle n’y tombera plus. »

     

    « La mort doit être si belle. Reposer dans la douce terre brune, avec l’herbe qui ondule au dessus de votre tête, et écouter le silence. »

  • "Les sirènes de Bagdad", Yasmina Khadra.

     

    « Une brute reste une brute, même avec le sourire. C’est dans le regard que l’âme décline sa vraie nature. »

     

    « Qui se nourrit de la lâcheté des autres, engrosse la sienne, tôt ou tard, elle finira par lui bouffer les tripes, puis l’âme. »

     

    « Il faut t’endurcir. Il faut savoir renoncer aux peines des autres ; elles ne sont pas bonnes ni pour eux, ni pour toi. Tu es trop mal loti pour t’attendrir sur le sort d’autrui. »

     

    « La dignité ne se négocie pas. Si on venait à la perdre, les linceuls du monde entier ne suffiraient pas à nous voiler la face et aucune tombe n’accueillerait notre charogne sans se fissurer. »

     

    « Je leur offre la lune sur un plateau d’argent. Ils ne voient que la chiure de mouche sur le plateau. Comment voulez-vous qu’ils croquent la lune ? »

     

    « Ma peine m’enrichit dés lors qu’elle n’appauvrit personne. Et il n’est de misère que celui qui a choisi de semer le malheur là où il est question de semer la vie. Entre la nuit de mon infortune et le deuil de mes amis, je choisis le noir qui me fait rêver. »

  • "Lliane", Jean-Louis Fetjaine.

     

     « Le frêne culmine haut, aime les elfes,

    Solide sur sa position et bien planté,

    Même quand l’ennemi s’avance pour le combattre.

                Le cheval est une joie princière,

                Il avance fièrement quand parlent de lui

                Les riches cavaliers qui l’entourent

                Et à celui qui est inquiet, il est un réconfort.

    La demeure est chère au cours de chacun

    S’il peut y laisser en paix

    De fréquentes moissons. »

     

     « Par une ironie amère dont elle ne cessait de s’étonner, l’illumination de la connaissance l’avait coupée du reste du monde et donc privée de l’essentiel, puisque ce n’est pas la connaissance que recherchent tous les êtres à la surface de la terre, mais le bonheur. Le bonheur, désormais, lui apparaissait comme un manque de lucidité, comme une ignorance niaise et béate de la vraie nature des choses, mais la pire, pour elle, était de savoir qu’elle avait tort. »

  • "Train d’enfer pour ange rouge.", Franck Thilliez.

    Belgique Loisirs La Louvière propose chaque mois un club de lecture.

    On parle du dernier livre qu'on a aimé. Moment privilégié!

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  • "Un prêtre chez les loubards.", Guy Gilbert.

    « Il y a énormément d’alcoolisme chez les jeunes de la rue. En principe, les boissons alcoolisées sont interdites aux mineurs non-accompagnés. Mais elles sont moins chères que les autres. »

     « On n’est pas des paysans, mais ce que ça fait du bien de se sentir tout neuf là-dedans !... ça doit vouloir dire à peu près ceci :

    -Je peux enfin réfléchir, en sciant ce foutu tronc d’arbre.

    -Loin des types louches aux combines dangereuses.

    -Des bistrots ouverts jusqu’à trois heures du matin pour des mômes comme nous.

    -Des flics qui nous courent toujours après parce qu’on les emmerde.

    -Des gens qui nous regardent comme des bêtes féroces.

    -Des envies que j’ai de leur rentrer dans le lard.

    -De mes vieux qui hurlent en rentrant tard la nuit, puant la vinasse.

    -De cette putain de société où je me sens mal et qui me donne la trouille.

    -De tous ceux qui s’occupent de nous et nous rejettent le lendemain comme des peaux de banane.

    -Du fric qui court et grossit dans les mêmes poches.

    -Des douze mètres carrés où on loge à quatre depuis seize ans. »

  • "Le bois de Merlin.", Robert Holdstock.

    « Le tombeau tourmenté. »

    « Mon torse, ô cher amour, est froid comme l’argile.

    Mon souffle de la terre porte le lourd parfum,

    Mais si jamais tu baises mes froides lèvres d’argile.

    Les jours passés ensemble n’auront jamais de fin. »

    Extrait de The Unquiet Grave. Ballade populaire anglaise, variante de 1750.

     « Savoir que vous êtes perdu, mais que vous avez encore le temps de vous cacher, procure un moment de douleur intense. Autour de vous, tout est normal, tout est joyeux. L’anticipation du moment de la mort est comme une voix qui rit derrière votre tête. »

  • "Cocktail molotov.", Zilber Karevski.

    « Il n’y a pas de capitalisme à visage humain, il n’y a que des cadavres dans une jungle. Il y a du pétrole dans nos réservoirs, et du sang sur la terre battue. L’or noir, l’or rouge. Et l’ordure d’un monde en perdition. »

     « La magie disparue, on se rendait compte qu’on ne savait plus survivre. Et quand l’homme ne sait plus survivre, il tue, juste avant de mourir, parce qu’apprendre à survivre est plus long que tuer pour prendre à l’autre de quoi tenir un jour de plus la guerre civile… »

     « Le fil de fer de mes pensées se noue en marge des mystères. Liberté ? Connais pas. »

    Je phosphore dans les abysses.

    Je métaphore ou je dévalise et torture l’apocalypse

    Son des alizées

    Jusqu’à ce que l’éternité s’enlise. »

  • "Ruelle de l’être.", Daniel Charneux.

    « Nous avons tous deux vies : « la vraie », qui est la vie intérieure, faite des rêves d’enfance ; et la « fausse », celle que nous vivons dans le commerce des autres. » Fernando Pessoa.

  • "Je suis né un jour bleu.", Daniel Tammet.

    « Vous n’avez pas besoin d’être handicapé pour être différent, car nous sommes tous différents. »

  • "Façades.", Claudine Deprez.

    « La témérité des jugements que nous portons sur les autres est en raison directe avec les illusions que noud avons sur nous-mêmes. »Théophile Funck-Brentano.

     « Sortant de certaines bouches, la vérité elle-même a mauvaise odeur. »Jean Rostand.

     « Tout ce que l’on garde pourrit, tout ce que l’on offre fleurit. »Julos Beaucarne.

     « On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au dessus de nos têtes mais on peut les empêcher d’y faire leur nid. »Proverbe chinois.

     « Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente. »Jules Renard.

     « Ce sont les plus petits esprits qui ont les plus grands préjugés. »Victor Hugo.

     « On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Renoncer à son idéal ride l’âme. »Général Mc Arthur.

     « Je sais qu’on ne sais jamais. »Jean Gabin.

     « Les personnes âgées exigent le respect mais elles ne montrent pas toujours le bon exemple. Cette dame exigeait des jeunes ce qu’elle ne faisait pas elle-même. Comme quoi, on voit la paille dans l’œil de son voisin mais pas la poutre qui se trouve dans le sien surtout quand il s’agit des plus jeunes. » 

    « Vieillir, c’est une occupation de tous les instants. »Paul Léautaud.

     « Se taire, c’est mourir en silence. En silence, c’est faire plaisir aux autres. » 

    « Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient d’avantage. »Sacha Guitry.

     « C’est une expression. Si tu juges une personne en fonction de son apparence, cela s’appelle : un délit de sale gueule. »

  • "La voleuse de livres.", Markus Zusak.

    « Tout en elle était dénutri. Elle avait des mollets comme des fils de fer. Des bras comme un porte-manteau. Même son sourire, si rare fut-il, était affamé. » 

    « La rue des étoiles jaunes.

    Dans cette rue qui ressemblait à un long bras fracturé, se dressaient plusieurs maisons aux fenêtres lacérées et aux murs meurtris. Sur les portes étaient peintes des étoiles de David. Ces maisons étaient presque comme des lépreux. Au minimum, elles étaient des plaies infectées sur le terrain allemand blessé. »

     « Était-il vraiment un lâche…pendant la première guerre mondiale, peut-être. C’est d’ailleurs ce qui à ses yeux lui avait permis de survivre. Mais est-ce être lâche que d’apprécier d’être encore vivant ? Est-ce être lâche que de reconnaître qu’on a peur ? »

     « Elle passa le dos de la main le long de la première étagère, écoutant le frottement de ses ongles contre la moelle épinière de chaque volume. On aurait cru le son d’un instrument de musique ou le rythme saccadé d’une fuite… elle recommença, alors, plus lentement, cette fois, la paume des mains tournées vers les livres pour mieux sentir le dos de chacun. »

     « Ce fût enfin la septième face du dé… un sept. Vous jetez le dé et vous voyez venir la chose en prenant conscience que ce n’est pas un dé réglementaire. Vous dites que c’est de la malchance, mais vous avez toujours su que cela devait arriver… Et c’est un sept, il vous regarde dans les yeux, répugnant et miraculeux… signe annonciateur d’événements à venir. »

     « Ses rides ressemblaient à de la calomnie. Sa voix équivalait à des coups de bâton. »

     « Ensemble, ils regardèrent les humains disparaître à leur vue. Ils les regardèrent se dissoudre comme des comprimés effervescents dans l’atmosphère humide. »

     « … les jolis livres aux titres bien nets. Elle sentait ce grand brassage tandis qu’elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots… ne me rendez pas heureuse. Surtout ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. »

     « Elle lui donna une raison d’écrire ses propres mots, de constater que les mots l’avaient aussi ramenée à la vie. Pourtant, la punition et la souffrance seraient présentes, tout comme le bonheur. C’était cela l’écriture. »

  • "Journal et poèmes.", Izumi-Shikibu.

    « Brouillard. »

    « Sans une éclaircie

    Empreint de mélancolie

    Le brouillard d’automne

    Dans les tréfonds de mon cœur

    Se serait-il épandu »

     

    « Désir d’amour. »

    « Le fleuve des larmes

    Dont le flot pourtant s’écoule

    De ce même corps

    Est bien incapable hélas

    D’éteindre le feu d’amour/ »

     

    « Moi qui n’ai personne

    Qui de moi se souviendra

    Me faudra-t-il donc

    Tant du moins que je vivrai

    Répéter hélas hélas. »

     

    « Entre les marées

    De rivage en rivage

    J’ai eu beau chercher

    Je n’ai rien trouvé qui vaille

    Dans ma vie que l’on en parle. »

     

    « Ah comment ferai-je

    Venue la nuit pour distraire

    Mon cœur de ses peines

    Quand déjà au long du jour

    Sous la pluie je me morfonds. »

  • Album : notre patrimoine industriel.

    Notre patrimoine industriel, notre mémoire culturelle.

    Il s'agit d'une exposition présentée lors du bal annuel Arulef du 29 octobre 2016 à l'Athenée Provincial de La Louvière. Chaque année, l'Arulef : Association pour les immigrés d'Ombrie, choisit un thème.

    Nous sommes tous marqués par les faillites et fermetures en cascade des grosses entreprises comme Caterpilar, tout dernièrement. Durant des festivités de septembre dernier à La Louvière, sur le site de l'ancien Casino Boch, la présidente de l'Arulef, Anna-Rita Farneti, et moi-même sommes restées silencieuses sur ce bâtiment voué à la démolition...encore un. Quand cela s'arrêtera-t-il? 

    L'idée a germé de parler de l'âge d'or des industries de notre région, le Centre.

    Ces 72 photos, panneaux de présentation, survolent une zone délimitée par le Canal du Centre et le Chemin de Fer. Au début de la ruée vers le charbon, la houille, les entreprises ont poussé comme des champignons.

    Que reste-t-il? Je souhaite faire des recherches, des rencontres surtout, pour livrer un livre documentaire sur notre patrimoine culturel : les squelettes, les ruines, les paysages, ...mais aussi quelques reprises heureuses. Pour ma part, le plus important est la dimension humaine. Les témoignages sont poignants et cette empreinte doit absolument être préservée.

    Je remercie L'Arulef Wallonies Bruxelles pour l'espace qu'elle me propose pour une exposition à chaque fois mieux aboutie. Aujourd'hui, mon blog : Juste une plume est lié au blog : Arulef Wallonies Bruxelles. 

    http://arulef-centre-bruxelles.skynetblogs.be/

     

     

  • De chair et de cire.

    Actuellement, pour décrocher de la vie trépidante du dehors, nous aimons donner une touche de zen à nos intérieurs. Entre les senteurs d’intérieurs, les cristaux à facettes, les encens parfumés à brûler,… nous n’avons que l’embarras du choix. Mon intérêt se porte plus particulièrement sur les bougies. Toutes les formes, les grandeurs, les odeurs sont représentées. Il y en a, bien sûr,  pour tous les budgets. Mais la cire qui les compose est-elle toujours bien naturelle ?

    En grattant un peu, si on ne parle pas toujours de cire artificielle comme les silicones, on retrouve les cires minérales ; les wax, utilisés par exemple pour les planches de surf ou encore les paraffines comme les utilisaient nos grand-mères pour sceller les pots de confiture, se conservant ainsi plus longtemps. Pour les cires naturelles, il y a aussi plusieurs provenances. Le jojoba est une cire végétale, le spermaceti est issu du blanc de baleine, le carnauba vient du palmier ; il existe même une cire tirée du bacille de la tuberculose : le phtiocérol. Pauvres abeilles, elles n’ont vraiment plus le monopole de la cire !

    Toutes ces formes sont exploitées pour plusieurs usages. Toutefois, elles ont plusieurs propriétés communes. Une belle plasticité puisque la cire est malléable à température ambiante. Son point de fusion se trouve en deçà de 45°C, donc bien plus bas que les huiles. Elle est, de plus, résistante à l’écoulement (quand elle est fondue) car sa viscosité est faible. Elle ne s’altère pas avec le temps, même dans l’eau puisqu’elle est hydrophobe et apolaire (pas d’interactions électrostatiques).

    Le XIXème siècle est marqué par l’engouement pour la céroplastie : l’art du modelage. Malheureusement, la représentation du normal n’a pas suffit et c’est ainsi qu’apparaissent les monstruosités dans les fêtes foraines, les foires. Les pathologies sont poussées à l’extrême.

    Le céroplaste le plus connu et le plus célèbre est Jules Talrich. Il reprend le flambeau de son père Jacques. Ce dernier commence sa carrière comme chirurgien militaire et est nommé, en 1824, modeleur à la faculté de médecine de Paris. Jules Talrich, anatomiste de formation, débute comme prosecteur, il prépare les dissections pour les démonstrations dans les cours de médecine. Modeleur et céroplaste, il est reconnu pour ses talents de sculpteur. C’est en 1862 qu’on lui propose de reprendre la charge de son père. Son talent lui vient aussi de sa passion pour la physiognomonique et la phrénologique : des sciences étudiant les expressions des émotions sur les visages. Grâce à son concours, la médecine légale fait un bond en avant quand il commence la réalisation de moulages posthumes, notamment Richelieu et Gambetta. Bien plus qu’un art funéraire, ses moulages permettent des identifications de cadavres. En 1867, il ouvre à Paris un musée de la cire, boulevard des Capucines. Ses œuvres se découvrent sous forme de tableaux : mises en scène historiques et littéraires avec des figurines de cire. Il est présent à Londres au musée de Mme Tussauds et, dés 1881, au musée Grévin.

    La filière de la céroplastie disparait au XXème siècle, mis à part le musée du docteur Spitzner. Ses collections seront visibles jusqu’en 1970, surtout à la foire du Midi de Bruxelles. Il commence avec 80 pièces achetées à Paris. Ce sont des moulages de corps humains ainsi que des monstruosités : curiosités médicales. Par la suite, il commande de nouveaux modèles anatomiques à des cériscupteurs (dont Talrich). En 1885, suite à un incendie, il parcourt les pays comme forain : Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Angleterre. Ses héritiers casent ses collections dans un hangar à Bruxelles. Elles vivent encore un temps grâce à un journaliste, pour finir par être vendues aux enchères et être offertes à la société anatomique de Paris, soit trois cent cinquante pièces (musée Delmas Orfila Rouvière). Ces collections inspirent Delvaux qui peint « Le Musée Spitzner. » dans les années trente.

    le musée Spizner par Paul Delvaux.jpg

  • Sur un air de panthère rose.

     

     

    La télévision, bien utilisée, donne accès rapidement à la culture du monde entier. J’enregistre quantité d’émissions pour les visionner au gré de mes envies.

    Cette fois, il est question du Paraguay, un pays d’Amérique latine où la pauvreté culmine à plus de trente pourcents de la population. Sa capitale, Asunción, se trouve à la frontière de l’Argentine, sur la rive gauche du fleuve Paraguay. Cette vaste métropole fourmille d’une population métissée, chrétienne à nonante pourcents, suite à l’exode rural ainsi qu’au boom économique des années septante. L’accent n’est pas mis sur la misère, les conditions de vie déplorables mais sur la musique, les rires, avec, au final, beaucoup d’espoir.

    En 2006, Favio Chavez, ingénieur sur la décharge à ciel ouvert jouxtant les bidonvilles de Cateura, Asunción, donne naissance à un orchestre. Musicien à ses heures, il est aidé par Nicolas Gomez, un employé de la décharge pour la création des instruments. Don Cola associé au luthier Don Tito Romero font des merveilles avec les matériaux récupérés sur place.

    Quelques modèles : Un violon avec un pot de peinture, une fourchette et un bout de palette. Une contrebasse avec un bidon d’huile. Une guitare avec des boîtes de conserve.

    L’orchestre des instruments recyclés de Cateura se produit dans le monde entier, mené par une devise : El mundo nos envía basura, nosotros le devolvemos mùsica. Le monde nous envoie des déchets, nous lui envoyons de la musique.orchestre cateura.JPG

    Les bénéfices servent à la scolarité, aux relogements, pour certains même, aux études universitaires. Quarante jeunes musiciens, reprennent de grands classiques musicaux tant en première partie de Métalica à Bogota, Sao Paulo, Buenos Aires, qu’à Paris devant l’Unesco. Un bénévole français, Thomas Lecourt, travaille sur le projet, organisant des répétitions au Vy’a Renda (paradis en langue guarani) avec 150 enfants.

    Quand Billie Jean, une jeune adolescente, entame le thème de La Panthère Rose sur un saxo fabriqué avec une gouttière et des pièces de monnaies, un frisson me parcourt. Cette sonorité particulière me rappelle de magnifiques souvenirs.

    Vers mes dix-huit ans, je me suis prise de passion pour ce charmant petit personnage laissant la parole à une musique de jazz. Presque trente ans plus tard, malgré mon blog portant son nom : the-pinkpanthernat, je me suis trouvée mille excuses pour retarder une écriture à son sujet. Il est temps, maintenant, après avoir entassé quelques objets, figurines, films, dessins animés, de me pencher sur sa création, son thème musical puisque les années glissent sur elle ne lui laissant aucune ride.

    Henry Mancini, musicien, arrangeur, compositeur, chef d’orchestre, crée The Pink Panther Theme, en 1963. Surtout connu dans le monde du jazz, il a droit à son étoile sur le Walk of Fame en 1982. Parmi de nombreux prix, il reçoit, plusieurs Grammy Award en 1965, sans oublier l’oscar de la meilleure chanson originale en 1984.

    Les trois chansons de jazz du thème musical sont jouées au saxo en mi-mineur par Plas Johnson avec Darrol Barry à l’arrangement : It had better be tonight. The village inn en 1974. Something for Sellers en 1986.

    Quant à La Panthère Rose, elle est créée par Friz Freleng, animateur, dessinateur, cartooniste chez Warner Bros et MGM. Elle prend vie en 1964 dans The Pink Phink (La vie en rose). Restée muette entre 1964 et 1986, elle prend la voix de Matt Frewer dés 1993. Débutant comme générique du film La Panthère Rose de Blake Edwards en 1963, elle a un tel succès qu’elle obtient l’oscar du meilleur court métrage d’animation : The Psychedelic Pink. Henry Mancini fait quelques apparitions dans l’émission The Pink Panther Show en 1969.

    Il l’applaudit aussi à la fin du dessin animé Pink Plunk Plink, en 1966, quand La Panthère Rose réussit à faire jouer à un orchestre symphonique son thème à la place de la Symphonie n°5 de Ludwig Van Beethoven.

    Ce petit personnage apparaît dans tous les génériques des films avec son thème musical.

    1963, La Panthère Rose de Blake Edwards, avec Peter Sellers et David Niven L’inspecteur Clouseau enquête sur le vol d’un diamant rose.

    1964, Quand l’inspecteur s’emmêle de Blake Edwards.

    1968, L’infaillible inspecteur Clouseau de Bud Yorkin avec Alan Arkin.

    1975, Le retour de La Panthère Rose de Blake Edwards.

    1976, Quand La Panthère Rose s’emmêle de Blake Edwards.

    1978, La malédiction de La Panthère Rose de Blake Edwards.

    1982, À la recherche de La Panthère Rose de Blake Edwards, avec des séquences non-montées des autres films de Sellers, mort en 1976.

    1983, L’héritier de La Panthère Rose de Blake Edwards. 1993, Le fils de La Panthère Rose de Blake Edwards, avec Roberto Benigni.

    2006, La Panthère Rose 1, nouvelle version réalisée par Steve Martin et Shawn Levy

    2009, La Panthère Rose 2 d’Harald Zwart.

    Mis à part les nouvelles versions de 2006 et 2009, les films sont produits par United Artists, soit The Mirisch Company, ainsi que les dessins animés.

    Parmi les personnages des films de La Panthère Rose, on retrouve : l’inspecteur Clouseau et sa femme Simone Clouseau, le commissaire Dreyfus, Sir Charles Lytton, le cambrioleur, Kato le domestique chinois et Maria Gambrelli la jeune servante.

    Peter Sellers, incarnant l’inspecteur Clouseau, a eu un succès énorme. On le retrouve d’ailleurs comme personnage animé dans les génériques de film. D’abord danseur, musicien de jazz, il devient un grand acteur comique. Peter Hall disait de lui : Peter avait la capacité de s’identifier complètement à une autre personne, et de penser comme s’il était physiquement, mentalement et émotionnellement dans sa peau.Il est nommé meilleur acteur britannique au BAFTA en 1965 pour La Panthère Rose (The Pink Panther).

    La Panthère Rose m’accompagne bien souvent dans les moments difficiles de la vie. Elle me rappelle qu’en toute occasion, il faut avoir de l’humour, de la dérision voire de l’autodérision. Sa couleur rose bonbon me donne à penser qu’en chacun de nous il reste un enfant rieur qui ne pense qu’à jouer, faire des blagues. Ma vie n’est pas simple, en retrouvant mon âme d’enfant, elle me semble plus acceptable.

     

     

     

     

     

     

  • Je t'écris pour te dire que je n'existe pas...pas besoin de me répondre car je n'ai pas d'adresse!

    Ce matin en me levant, j'ai eu un choc. Je n'aurai pu dire si j'avais pâli car le miroir de la salle de bain avait disparu. A sa place, le carrelage bien agencé en mosaïque. Comme chaque matin, je prends ma tasse de café et me rends aux toilettes...même stupeur, plus de miroir. Ce n'est pas possible! Même la vitre de l'étagère qui aurait pu renvoyé mon image, a disparu.

    D'un pas rapide, je m'élance vers le living, vers le salon... rien! La vitre de la rue! Je veux ouvrir la porte d'entrée mais elle est fermée à clé et bien sûr, les clés ne sont pas dessus. Où est mon sac? Où sont mes clés?Je sens mes cheveux se hérisser sur ma tête.

    La gorge nouée, le pas lent, je ne sais quelle oppression me prends. Je monte à l'étage. Je ne me tourne même plus vers le mur, vide, vide du reflet qui pourrait m'être renvoyé.

    Lentement, ma main s'avance et pousse la porte de notre chambre. Malgré la pénombre des tentures tirées, j'aperçois dans le lit défait, un seul oreiller. Des vêtements uniquement masculins traînent et jonchent le sol. M'asseyant sur le bord du lit, j'allume la lampe de chevet qui a pris les poussières et je scrute les murs, les coins, les meubles à la recherche d'une trace récente de ma présence. Le silence, loin de m'obséder, m'apaise.

    Sur l'unique oreiller, l'empreinte visible de la tête de mon compagnon et les traces de larmes. Alors, j'y pose ma main comme une caresse et tout me revient.

    Je m'assieds à mon bureau. Je prends une feuille et un stylo. Comment commencer? Mon aimé, mon chou? Je me rends compte que nous n'utilisions pas beaucoup les mots doux. Et puis, lui écrire alors qu'il déteste lire? Pour qu'il me réponde alors qu'il n'aime pas écrire. De nous deux, la littéraire, c'était moi. Tout de même, j'aimerai laisser cette trace de moi. Cette façon que j'avais de laisser des mots doux, des penses-bêtes. Cette manie de découper des articles, des bons de réduction. Cette marotte d'engranger des bouquins que tu ne savais plus où ranger.

    Le bureau est le seul meuble de la chambre où plus rien ne traîne. Alors, je vais t'y laisser une lettre bien en évidence.

     

    « Je t'écris pour te dire que même si je n'existe plus, je suis là pour toi.

    Mon aura guidera tes pas et t'accompagnera dans la vie que tu dois continuer à mener sans moi.

    Tu n'as pas besoin de me répondre puisque la seule adresse qu'il me reste est dans le fond de ton cœur. »

     

    Quand j'eus fini ma lettre, je ne fus pas étonnée de voir les mots disparaître comme si j'avais utilisé une encre sympathique. Un peu comme tu as fait disparaître tous les miroirs de la maison pour ne plus te rappeler sans cesse qu'en se décrochant, celui du palier m'avait supprimée du grand échiquier de la vie. Comme le miroir, ta vie a basculé et volé en éclats. Mais je suis revenue pour te murmurer qu'il est temps maintenant de tourner la page.

     

    Tu dois renouer avec le monde , ouvrir les portes et remplir à nouveau tes poumons d'air pur. Ton heure n'est pas encore là et le jeu de la vie, pour toi, n'a pas encore marqué « Game Over » en lettres de sang.

  • Le petit carnet de notes.

     

    Depuis de longs mois, mes périodes d’écriture se limitent aux ateliers d’écriture le samedi matin que j’attends avec beaucoup de hâte mais aussi aux notes que je prends au cours de mes lectures. Si ces lectures sont de plus en plus enrichissantes, j’éprouve réellement un manque à ne plus coucher mes pensées sur le vélin. Jusqu’à ce que je tombe sur l’extrait d’un roman de Richard Castle, « Mise à nu. » Je vous le livre ci-dessous.

    Il sortit un carnet tout neuf, trouve un stylo plume et laissa divaguer son esprit. Qu’est ce que je veux ? Trouver la fin de mon article. Non, ce n’est pas ça. Quoi alors ? Tu le sais, simplement, tu ne parviens pas à le définir vraiment. Chaque fois que Rook recourait à ce procédé, il avait l’impression que, si quelqu’un trouvait son brouillon, on le prendrait pour un fou. C’était une méthode qu’il avait empruntée à un personnage d’un roman de Stephen King, un écrivain qui, lorsqu’il voulait démêler une intrigue, s’interrogeait lui-même sur une feuille de papier. Un jour, il avait adopté ce qui ressemblait à un simple artifice dans une œuvre de fiction, et cela avait donné de si bons résultats, en le reliant directement à son subconscient, qu’il y recourait chaque fois qu’il devait se frayer un chemin dans un terrain trop touffu. C’était un peu comme avoir un coauteur qui ne vous demandait aucun pourcentage. Comme d’habitude, ce petit exercice de léger dédoublement de la personnalité le ramenait à un élément de base si évident qu’il l’avait négligé, tant il était familier.

     

    En lisant tout cela, je me suis dit : « Mais bien-sûr ! La solution est là ! » J’ai commencé à trier tous les morceaux de papier, les débuts de cahier et …acheté des carnets de notes pour les rassembler, les réécrire par genre, par thème. Les fils conducteurs se tissent d’eux-mêmes et la trame se dessine. Je me rends compte que pour écrire, j’ai besoin d’être outillée, documentée. J’ai besoin de me fixer une ligne de conduite pour ne pas partir dans tous les sens et terminer ce que je commence. Des heures de labeur en perspective pour, je l’espère un très beau résultat.