• Amusants patronymes

    Amusants patronymes.

     

     

    -Dis maman, pourquoi je m’appelle Anthony ?

    -J’avais pensé à Toni...

    -Beh, c’est beau aussi !

    -Oui mais les initiales, ça fait TV. Alors, on a choisi Anthony...et puis on a vu que ça faisait AV ! Trop tard !

    -En plus, mon nom Volant, c’est embêtant...y en a qui rigolent !

    -Ah ça ! On ne peut rien y faire ! Ton papa te racontera sûrement qu’un prof d’anglais, fier de sa blague, l’appelait « Mister Flying », ses camarades de classe « Guidon » et ses copains de foot « Le gardien volant »

    -Et pourquoi je ne peux pas prendre ton nom Conte?

    -Tu crois que c’est mieux ?! Si tu le prononces bien, en italien,      « con te »  veut dire : avec toi. Mais, ici, en Belgique, « Conte » c’est un récit d’aventure pour les enfants. Alors quand tu prends la peine de rectifier et de bien le prononcer, on te rajoute un accent aigu « Conté ».

    -Ben, y a pas de fautes aux noms !

    -D’accord ! Les plus malins te diront que c’est une marque de crayons. Mais les autres...tous les autres... ! Eux, ils pensent au fromage « Comté ». Et alors, pendant une vingtaine d’années (et je suis gentille! ), on te surnomme « fromage » . C’est pas du « Maroilles » mais, quand encore à 38 ans, on me le ressort, je ne souris même plus !

    -Et si tu laisses « Conte » ?

    -Il y en aura encore pour écrire « Comte » ou « Compte » mais bon, ça passe !

    -Je vais garder « Volant » !

    -Tu peux aussi faire comme les Espagnols. Tu prends les deux noms « Volant-Conte » ; ce sera deux fois plus « marrants ».

     

     

  • Le jardin

    Le jardin.

     

     

    Petit jardin citadin met son grain de sel.

    Ce n’est pas la grandeur qui fait la beauté.

     

    C’est en suivant une bonne recette,

    que le plus bel effet sera obtenu.

     

    Prenez une dose de patience,

    ajoutez une cuillère de connaissance,

    mettez une pincée de savoir-faire

    et saupoudrez d’un peu d’amour.

     

    Les plantes les plus belles

    formeront un mélange délicieux.

    Les fleurs les plus simples

    s’harmoniseront en superbe camaïeu.

     

    Et n’oubliez pas la plus verte : l’herbe,

    qui en tendres courbes

    délimitera les splendides parterres.

  • Déprime

    Déprime.

     

     

    Une pluie battante me réveille brusquement.

    Une lumière blafarde traverse les carreaux.

     

    Bras ballants, regard morne, je me lève lourdement.

    Sol froid sous les pieds nus, j’avance pesamment.

     

    Petit déjeuner expédié sans plaisir.

    Courte toilette faite sans entrain.

     

    Mains dans les poches, lèvres serrées, je traîne mon ennui.

    Chaussettes d’hiver, châle de laine, j’attends que le jour passe.

     

    Rien à la télé, rien à potasser, rien à préparer…

    Que c’est déprimant, c’est aujourd’hui dimanche !

  • Le chat

    Le chat.

     

     

    Le chat sur le toit est assis bien droit

    et me regarde passer d’un air dédaigneux…

    Petit prétentieux !

     

    Il lève une patte qu’il lèche délicatement

    à peine distrait par le vol d’un pigeon…

    Petit polisson !

     

    Quand enfin il se décide, c’est après une série d’étirements

    et un long bâillement…

    Petit fainéant !

     

    Et voilà, il descend précautionneusement

    et s’en va sans un regard au travers des jardins…

    Petit malin !

  • La chute

    La chute.

     

     

    Quand ma colère monte pour trois fois rien.

    Quand mon cœur s’emballe au moindre effort.

    Quand mes paupières papillonnent sur une vue qui se noircit.

     

    Sûr, je devrais m’arrêter, stopper net sur place ;

    au moins prendre le temps et trouver un banc.

    Mais têtue je suis et bêtement je m’acharne.

     

    Alors les pieds fourmillent,

    les mains se glacent,

    la vue se brouille.

     

    Quand les jambes ne répondent plus,

    les bras n’empêchent pas la chute

    et je m’étale de tout mon long.

  • Le pommier

    Le pommier.

     

     

    Au fond d’un capharnaüm de broussailles

    s’élevait un vénérable pommier.

     

    L’état du lopin de terre

    laissait présager de la santé du fruitier.

     

    Il a fallu tailler, arracher, brûler les saletés

    pour s’approcher du bel arbre.

     

    La vermine avait rongé le bois.

    Les champignons envahi l’écorce.

     

    Mais la bonne volonté

    vient à bout de l’indifférence.

     

    Beaucoup de soins et d’amour

    lui ont rendu silhouette et prestance.

  • Deux pieds

     

    Deux pieds.

     

     

    Deux pieds sous la couette se reposent.

    Calés bien droits au repos,

    ils tendent les draps.

     

    La petite bosse ainsi formée

    oscille doucement

    dans un doux froissement.

     

    Les fines chaussettes qui boulochent

    sous le léger frottement,

    réchauffent les pieds fatigués.

     

    Quand soudain, une main impudique

    les déshabillent d’un geste vif

    et les libèrent d’une trop grande torpeur.

  • Mon hidalgo

    Mon hidalgo.

     

     

    Comme j’aime enfouir mon visage

    dans le creux laissé par la tête sur l’oreiller.

     

    Comme j’adore glisser dans les draps

    encore tièdes de la chaleur de ton corps.

     

    Ta peau mate gorgée de soleil

    fond en saveurs épicées sur mes lèvres.

     

    Le bout de ma langue frémit au contact salé

    de ta  nuque, ton cou, ton épaule.

     

    Quand enfin tes bras se referment sur moi,

    alors nos peaux se confondent en mélanges enivrants si sucrés.

     

    Hô, mon hidalgo, continue longtemps

    à éveiller tous mes sens.

  • Pluie d’été

    Pluie d’été.

     

     

    Ciel qui grisonne, nuages qui se touchent,

    font entendre la plainte grondante de l’orage.

     

    Alors, dans la lumière des éclairs,

    la pluie glisse sur mon visage déjà inondé de larmes.

     

    Car je ne peux te toucher, je ne peux te voir.

    Mais peut-être entends-tu ma peine.

    Mais peut-être, comprends-tu mon manque.

     

    Toi, ma moitié, mon complément,

    ma terre nourricière, ma force de vie.

    C’est l’absence qui montre l’empreinte d’un vide.

  • Canicule

    Canicule.

     

     

    Soleil brulant réchauffe les os grinçants !

    Chaleur étouffante ralentit le rythme effréné du cœur !

     

    Lourd été pour tous ces corps affalés

    en manque d’oxygène.

     

    Que dire de cette moiteur qui imprègne la peau !

    Que penser de cette sueur qui agresse notre odorat !

     

    Et pourtant, canicule, pendant tant de mois,

    on espère ton étreinte.

  • Le silence

    Le silence.

     

     

    C’est le silence qui entre le soir sous ton toit

    quand le voisinage s’endort.

     

    C’est ce silence la nuit qui t’éveille dans ton lit

    quand ton cœur est tout triste.

     

    C’est ce silence le matin qui t’enveloppe

    quand personne n’est plus là.

     

    Aucun bruit sauf ta respiration.

    Aucun cri sauf ce chien au loin.

    Aucun pleur sauf le chat qui a faim.

     

    Brise le en appelant quelqu’un.

    Brise le en partant voir des gens.

    Brise le vite avant qu’il ne t’assassine.

  • Une araignée

    Une araignée.

     

     

    J’ai vu une araignée hier soir…

    « Araignée espoir ! » : dit-on.

     

    Mais je l’ai tuée…

    J’ai peur des araignées.

     

    Peut-être as-tu vu une araignée, hier, tôt au matin…

    « araignée chagrin ! » : dit-on.

     

    Et tu t’es tué…

    Tu avais peur de continuer.