• « La porte des enfers », Laurent Gaudé.

     

    « Le monde marche sur les mains. »

    « Nous ne sommes parfois plus si vivants que cela. En disparaissant, les morts emportent un peu de nous-même. Chaque deuil nous tue. Nous en avons tous fait l'expérience. Il y a une joie, une fraîcheur qui s'estompe au fur et à mesure que les deuils s'accumulent. Nous mourrons chaque fois un peu plus en perdant ceux qui nous entourent... »

    C'étaient six bouteilles empoussiérées d'un vin napolitain épais comme le sang d'un buffle et noir comme les larmes qui coulent, chaque 24 avril, sur les joues en porcelaine de la Madone de Castelfiorito. »

  • « Voyage en Amérique. », Charles Dickens

     

    "La palme de la vertu reviendra à celui qui répand le plus de soufre sur l'allée du salut et piétine avec le plus d'acharnement les parterres de fleurs qui la bordent."


    "File, file, file le dragon furieux et son train de voitures, projetant dans toutes les directions une pluie d escarbilles, crissant, sifflant, hurlant, haletant, jusqu'au moment où enfin le monstre assoiffé s' immobilise sous un passage couvert pour se désaltérer ou milieu d' un grand concours de peuple."


    "Certains des négociants que vous croisez en ce moment, ont, à l'instar du personnage des mille et une nuits, serré de l'argent dans leurs coffres pour n'y retrouver quelques temps plus tard que des feuilles mortes."

  • « Le premier siècle après Béatrice. », Amin Maalouf.

     

    « Le premier siècle après Béatrice. », Amin Maalouf.


    Comment réussir à parler de tabou sans offusquer les lecteurs? Comment passionner avec des sujets trouvant leurs sources dans la nuit des temps. Avec « Les croisades vues par les Arabes. » distribué dans un monde majoritairement chrétien, il marque les esprits. « Le premier siècle après Béatrice. » traite à la fois du problème de surpopulation, du machisme et des différences de culture nord-sud.

    Amin Maalouf envisage ces sujets ensemble, dépendant forcément les uns des autres. Son talent part de détails assemblés peu à peu avec un phrasé, pour ma part, sans pareil pour former une fresque à laquelle on ne s'attend pas du tout. Il termine sur une vision futuriste qui est finalement un ensemble de possibilités à un problème. Plutôt que livre d'anticipation, je dirais que « Le premier siècle après Béatrice. » est un essai sur l'importance de la place de la femme dans le monde. Et s'il n'était écrit par un homme, je dirai que l'écrivain est une auteure féministe. Sa biographie nous éclaire sur sa vision particulièrement claire de grands problèmes mondiaux. Ses origines sont à la fois multiculturelles ( le Liban, l'Égypte, la Turquie ) et multireligieuses ( protestante et catholique en orient ). Le charme d'Amin Maalouf se trouve dans la sensibilité du choix des mots et dans la force de caractère des idées apportées. Il nous prépare lentement mais sûrement à refermer son livre avec un tas de questions dans la tête : « Et si...? »