• « Dans la nuit Mozambique », Laurent Gaudé.

     

    « Je fais de l'argent. Je ne privilégie aucune tribu, c'est au plus offrant. Vous trouvez cela révoltant? Plus rien ne me révolte, Samard, depuis les tranchées. Plus rien en me fait vomir. J'ai perdu le sommeil depuis longtemps. Le monde n'a aucun sens. Je le contemple la tête renversée. Un trafiquant, dites-vous. Un vaurien, oui, pourquoi pas ...j'ai vu pire et je sais qu'il n'y a aucun châtiment a redouter. Le ciel est vide. Quand bien même Dieu aurait existé, nous lui avonscrevé les oreilles et les yeux avec nos pluies d'obus qui déchiraient le ciel. »

    « Ils aimaient ce vieux restaurant où la porte des cuisines restait toujours ouvertes,.laissant s'échapper de chaudes odeurs de fritures marines, où les bouteilles de vin, lorsqu'on les débouchait sous leur nez, poussaient de longs soupirs de table. »

    « C'était une fille de Tigirka. »

  • Lettre pseudo-anonyme à Jean-Philippe Querton.

    Lettre pseudo-anonyme à Jean-Philippe Querton.

    Bonjour,

    Un jour, pas si lointain, nous nous sommes rencontrés. Parmi l'assemblée, je pense que nous fûmes les seuls à déguster une Chimay bleue...c'est que la journée n'était pas trop avancée! Suite à cet échange, j'ai acquis deux livres: votre dernier né « Les perdants. » et « L'homme à la Chimay bleue. ». J'ai aimé le premier, j'ai adoré le second. Peut-être, sûrement, aurai-je pu écrire sur ce sujet: un alcoolique qui veut en finir par l'alcool. J'en ai rencontré un, je l'ai beaucoup aimé, j'ai voulu l'aider mais c'est lui qui me tuait à petit feu! Tout un roman? Oui...j'y songe. Mais avant de vous lire, je trouvais le sujet trop banal, tellement glauque...et pourtant! Il me manque sans doute encore de la verve, du vocable, de la tournure d'esprit pour ne pas simplement écrire pour soi mais être lue et appréciée par d'autres. C'est le partage qui guide mes pas et sans personne autour de moi me portant un tout petit peu d'intérêt, je ne serai rien, juste un grain de poussière dans les rouages de notre civilisation en crise.

    Qui suis-je? Juste une lectrice qui vous envoie une lettre anonyme...enfin presque: vous m'avez demandé, dans votre dédicace, de la signer. Alors disons pseudo-anonyme...pseudo dont vous trouverez peut-être une trace, quelque part...qui sait?


    Inès R.Wiclarmonne.