• « Ne t'excuse pas. », Mahmoud Darwich ( Palestine ).

     

    « Si tu revenais seul.

     

    Si tu revenais seul, dis-toi :

    L'exil a modifié ses traits...

    Abû Tammâm ne t'a-t-il pas précédé

    dans l'affliction

    lorsqu'il s'est trouvé face à lui-même. »

     

    « Ni toi, n'es toi

    ni les demeures ne sont des demeures... »

     

    « Les choses se chargeront

    de ton sentiment patriotique

    une fleur sauvage pousse

    sur ta place abandonnée,

    un moineau évidé le hâ' de ton nom

    dans l'écorce brisée du figuier

    et une abeille pique ta main tendue

    vers le duvet des oies, derrière ces remparts. »

     

    « Quant à toi,

    le miroir t'a déçu,

    c'est toi. Tu dis :

    « Où ai-je laissé mon visage? »

    Et tu quêtes tes sensations

    à l'extérieur des choses,

    entre joie qui pleure et abattement

    qui s'esclaffe...

    T'es-tu trouvé maintenant?

    Dis-toi : je suis revenu seul, incomplet,

    ayant perdu deux lunes,

    mais les demeures sont les demeures! »

     

    « Rien que la lumière.

     

    Rien que la lumière.

    Je n'ai arrêté mon cheval

    que pour cueillir une rose rouge

    dans le jardin d'une Cananéenne

    qui a séduit mon cheval

    et s'est retranchée dans la lumière :

    « N'entre pas, ne sors pas... »

    Je ne suis pas entré et je ne suis pas sorti.

    Elle a dit : Ne vois-tu pas?

    J'ai murmuré : il me manque, pour le savoir,

    l'écart entre le voyageur et le chemin,

    le chanteur et les chants...

    Telle une lettre de l'alphabet,

    Jéricho s'est assise dans son nom

    et j'ai trébuché dans le mien

    à la croisée des sens...

    Je suis ce que je serai demain.

    Je n'ai pas arrêté mon cheval

    que pour cueillir une rose rouge

    dans le jardin d'une Cananéenne

    qui a séduit mon cheval

    et je suis reparti en quête de mon lieu,

    plus haut et plus loin,

    encore plus haut, encore plus loin

    que mon temps... »

     

    « … Encore toi? Ne t'ai-je pas tué?

    Je dis : Tu m'as tué... mais, comme toi,

    j'ai oublié de mourir. »

     

    « … Tel est l'oubli : te souvenir du passé

    et oublier le lendemain dans le récit. »

     

    « Qu'est le rêve?

     

    Qu'est le rêve?

    Qu'est ce rien qui traverse le temps,

    scintillant telle l'étoile

    au commencement de l'amour,

    appétissant telle l'image d'une femme

    qui pétrit de soleil son sein?

    Qu'est-il? À peine l'ai-je entrevu

    qu'il s'estompe dans le passé.

    Il n'est pas réalité pour que je vive son poids

    et sa légèreté.

    Il n'est pas chimère pour que je m'envole libre

    dans le ciel de l'intuition.

    Qu'est-il? Qu'est ce rien, primitif,

    infini, faible, caché,

    visiteur, éclaté, dispersé,

    renouvelé, informe?

    Qu'est-il? Impalpable,intouchable,

    il ne tend pas la main aux impatients indécis.

    Qu'est-il donc, cet énigmatique,

    perplexe, prudent, déroutant

    quand, rassuré, j'attends la visite?

    Il me brise, jaillit telle la perle

    qui fait rouler son éclat

    et me dit : Ne m'attends pas

    si tu veux me rendre visite.

    Ne m'attends pas! »

     

    « … La description des nuages exige de faire

    diligence – en une fraction de seconde

    ils ne sont plus eux, ils sont autres.

    Wislawa Szymborska »

     

    « … Elle est peut-être morte,

    car la mort, comme moi,

    a des coups de foudre,

    car la mort, comme moi, n'aime pas attendre. »

     

    « … Qu'est la poésie, après tout?

    L'évènement obscur. La poésie,

    mon ami est cette nostalgie inexplicable

    qui fait d'une chose un spectre et

    d'un spectre une chose.

    Mais elle pourrait aussi

    expliquer notre besoin de partager la beauté... »

     

    « Dis ce que bon te semble.

     

    Dis ce que bon te semble.

    Fais ton choix de lettres.

    Assemble-les que naissent les mots,

    Énigmatiques et clairs, et la parole commencera.

    Pose la rhétorique sur la métaphore,

    la métaphore sur l'imagination,

    l'imagination sur ses vœux lointains,

    le lointain sur le lointain... la cadence naîtra

    dans la mêlée des images singulières venues

    de la rencontre du réel et de l'imaginaire rétif.

    Viens-tu d'écrire un poème?

    Non!

    Trop ou peu de sel dans le vocabulaire,

    un accident a peut-être perturbé

    de l'équation des ombres.

    Un aigle est peut-être mort au sommet

    des montagnes. La terre

    du symbole s'est peut-être allégée

    dans la métaphore et les vents

    l'ont violée. Elle est peut-être devenue

    lourde au plumage de l'imagination.

    Ton cœur n'a peut-être pas bien réfléchi.

    Ta pensée n'a peut-être pas ressenti

    ce qui t'ébranle.

    La poésie est l'épouse du lendemain

    et la fille du passé. Elle campe

    en un lieu mystérieux entre l'écrit et le dit.

    Viens-tu d'écrire le poème?

    Non!

    Qu'as-tu donc écrit?

    J'ai rédigé un cours

    et j'ai abandonné la poésie

    depuis que j'ai connu

    l'alchimie du poème... je me suis retiré! »

     

    « Si tu revenais seul.

      

    Si tu revenais seul, dis-toi :

    L'exil a modifié ses traits...

    Abû Tammâm ne t'a-t-il pas précédé

    dans l'affliction

    lorsqu'il s'est trouvé face à lui-même. »

    « Ni toi, n'es toi

     

    ni les demeures ne sont des demeures... »

     

    « Les choses se chargeront

     

    de ton sentiment patriotique

     

    une fleur sauvage pousse

     

    sur ta place abandonnée,

     

    un moineau évidé le hâ' de ton nom

     

    dans l'écorce brisée du figuier

     

    et une abeille pique ta main tendue

     

    vers le duvet des oies, derrière ces remparts. »

     

     

     

    « Quant à toi,

     

    le miroir t'a déçu,

     

    c'est toi. Tu dis :

     

    « Où ai-je laissé mon visage? »

    Et tu quêtes tes sensations

    à l'extérieur des choses,

    entre joie qui pleure et abattement

    qui s'esclaffe...

    T'es-tu trouvé maintenant?

    Dis-toi : je suis revenu seul, incomplet,

    ayant perdu deux lunes,

    mais les demeures sont les demeures! »

     

    « Rien que la lumière.

     

    Rien que la lumière.

    Je n'ai arrêté mon cheval

    que pour cueillir une rose rouge

    dans le jardin d'une Cananéenne

    qui a séduit mon cheval

    et s'est retranchée dans la lumière :

    « N'entre pas, ne sors pas... »

    Je ne suis pas entré et je ne suis pas sorti.

    Elle a dit : Ne vois-tu pas?

    J'ai murmuré : il me manque, pour le savoir,

    l'écart entre le voyageur et le chemin,

    le chanteur et les chants...

    Telle une lettre de l'alphabet,

    Jéricho s'est assise dans son nom

    et j'ai trébuché dans le mien

    à la croisée des sens...

    Je suis ce que je serai demain.

    Je n'ai pas arrêté mon cheval

    que pour cueillir une rose rouge

    dans le jardin d'une Cananéenne

    qui a séduit mon cheval

    et je suis reparti en quête de mon lieu,

    plus haut et plus loin,

    encore plus haut, encore plus loin

    que mon temps... »

     

    « … Encore toi? Ne t'ai-je pas tué?

    Je dis : Tu m'as tué... mais, comme toi,

     

    j'ai oublié de mourir. »

     

    « … Tel est l'oubli : te souvenir du passé

    et oublier le lendemain dans le récit. »

     

    « Qu'est le rêve?

     

    Qu'est le rêve?

    Qu'est ce rien qui traverse le temps,

    scintillant telle l'étoile

    au commencement de l'amour,

    appétissant telle l'image d'une femme

    qui pétrit de soleil son sein?

    Qu'est-il? À peine l'ai-je entrevu

    qu'il s'estompe dans le passé.

    Il n'est pas réalité pour que je vive son poids

    et sa légèreté.

    Il n'est pas chimère pour que je m'envole libre

    dans le ciel de l'intuition.

    Qu'est-il? Qu'est ce rien, primitif,

    infini, faible, caché,

    visiteur, éclaté, dispersé,

    renouvelé, informe?

    Qu'est-il? Impalpable,intouchable,

    il ne tend pas la main aux impatients indécis.

    Qu'est-il donc, cet énigmatique,

    perplexe, prudent, déroutant

    quand, rassuré, j'attends la visite?

    Il me brise, jaillit telle la perle

    qui fait rouler son éclat

    et me dit : Ne m'attends pas

    si tu veux me rendre visite.

    Ne m'attends pas! »

     

    « … La description des nuages exige de faire

    diligence – en une fraction de seconde

    ils ne sont plus eux, ils sont autres.

    Wislawa Szymborska »

     

    « … Elle est peut-être morte,

    car la mort, comme moi,

    a des coups de foudre,

    car la mort, comme moi, n'aime pas attendre. »

     

    « … Qu'est la poésie, après tout?

    L'évènement obscur. La poésie,

    mon ami est cette nostalgie inexplicable

    qui fait d'une chose un spectre et

    d'un spectre une chose.

    Mais elle pourrait aussi

    expliquer notre besoin de partager la beauté... »

     

    « Dis ce que bon te semble.

     

    Dis ce que bon te semble.

    Fais ton choix de lettres.

    Assemble-les que naissent les mots,

    Énigmatiques et clairs, et la parole commencera.

    Pose la rhétorique sur la métaphore,

    la métaphore sur l'imagination,

    l'imagination sur ses vœux lointains,

    le lointain sur le lointain... la cadence naîtra

    dans la mêlée des images singulières venues

    de la rencontre du réel et de l'imaginaire rétif.

    Viens-tu d'écrire un poème?

    Non!

    Trop ou peu de sel dans le vocabulaire,

    un accident a peut-être perturbé

    de l'équation des ombres.

    Un aigle est peut-être mort au sommet

    des montagnes. La terre

    du symbole s'est peut-être allégée

    dans la métaphore et les vents

    l'ont violée. Elle est peut-être devenue

    lourde au plumage de l'imagination.

    Ton cœur n'a peut-être pas bien réfléchi.

    Ta pensée n'a peut-être pas ressenti

    ce qui t'ébranle.

    La poésie est l'épouse du lendemain

    et la fille du passé. Elle campe

    en un lieu mystérieux entre l'écrit et le dit.

    Viens-tu d'écrire le poème?

    Non!

    Qu'as-tu donc écrit?

    J'ai rédigé un cours

    et j'ai abandonné la poésie

    depuis que j'ai connu

    l'alchimie du poème... je me suis retiré! »

     

  • Commentaire.

    J'ai à nouveau laissé passer beaucoup de temps avant de recommencer à poster sur mon blog. Je me suis d'ailleurs posée beaucoup de questions sur sa nécessité pour moi...pour vous.

    Tout effacer, recommencer à zéro mais ça c'est la grande histoire de ma vie! Tomber, se relever et se remettre en marche. 15 ans comme ça, ça use mais apparemment je suis douée pour ça.

    Et si ce blog était un trait d'union avec ce qui compte le plus dans la vie à mes yeux : poursuivre le bonheur et le partager...avec vous : les anonymes et les moins anonymes qui me laissent des commentaires.

    Alors dans ce monde où tout le monde court après le temps qui file de plus en plus vite, qui prend la fuite en nous narguant devant nos yeux avides de repos!

    Le secret, se créer une bulle que notre entourage respecte, où le temps s''arrête, où vos gestes ralentissent, où votre regard glisse sur le dos des reliures, sur le résumé des poches. Là, vos mains et votre coeur à l'unisson choisissent un livre. On se délecte, on se décroche de la réalité.

    Et au fil des lectures, on marque les passages littéraires, on les poste pour les partager avec vous.

    Donner un peu de son rêve, c'est sans doute ça le premier bonheur d'une dévoreuse de livres.