• Bel ami.

    Bel ami, avec vous, j'ai cru trouver
    ce que j'ai longtemps convoité :
    un homme, un vrai, sur qui compter.
    
    Un homme, un seul,
    faisant l'amour
    comme un dieu.
    
    Un homme indépendant
    me laissant vivre
    selon mes vœux.
    
    Au lieu de cela,
    par peur de sentiments,
    trop de belles choses m'avez ôtées.
    
    De vos baisers m'avez sevrés.
    De vos caresses m'avez privées.
    De vos regards m'avez délaissés.
    
    Luxure et turpitudes
    m'avez proposées
    comme simple gigolo qui se vend.
    
    Comme c'est navrant!
    Beaucoup mieux, vous valez!
    Bien piètre opinion de vous, vous avez!
    
    Mais ne vous alarmez point!
    Si nœud de votre virilité, envers moi, devrez faire,
    le plus beau cadeau, je peux vous faire.
    
    Si mon amitié, vous souhaitez,
    exaucé, vous serez
    car vous ne devez point vous dépréciez.
    
    Honnêteté, simplicité et gaieté,
    en un seul homme,
    je n'avais jamais trouvés.
    
    Bel ami, d'amitié, je vous aime.

  • Et si

     

    Et si ce mal qui me ronge le cœur
    était plus lointain que je ne crois.
    
    Et si ce poids qui m'oppresse la gorge
    était bien ancré dans mes souvenirs.
    
    Et si cette noirceur qui m'obsède l'esprit
    était omniprésente dans chacun de mes actes.
    
    Et si cette gêne qui emplit mes yeux
    était le suc de toutes mes larmes.
    
    Et si tout simplement un jour
    par la maturation de l'âge adulte,
    un fait improbable, un geste condamné
    avait fait basculé ma réalité.
    
    Et si une seule idée
    m'avait jetée dans un autre monde,
    dans cet éternel recommencement
    de l'acte qui justifie la pensée.
    
    Et si pour mon malheur,
    ma seule erreur
    était, est et sera de ne jamais 
    vouloir lâcher prise.
    
    Et si je ne pouvais m'avouer
    que nous avons chacun une destinée
    dans laquelle nul n'est capable 
    de dénouer les fils enchevêtrés.
    
    Et si le jeu de la vie
    n'était que le savant tissage
    de quatre étapes :
    la naissance, la jeunesse, la vieillesse et la mort.
    
    Et si notre curiosité si injustifiée
    face aux mystères de l'univers
    emprisonnait certaines âmes
    dans un entre-deux monde.
    
    Et si nos peurs empêchaient les êtres aimés
    de voguer vers leur paradis de survivance
    alors que nous désirons seulement
    qu'ils ne se perdent pas.
    
    Pourquoi les mettre dans un tiroir de notre tête 
    et nous dire que peut-être 
    nous saurons ainsi mieux les retrouver
    au moment de notre mort.
    
    Est ce notre façon d'accepter 
    notre appartenance judéo-chrétienne 
    que de nous projeter dans un palier parallèle
    après la mort.
    
    En rêvant à une autre forme de vie, d'être et d'exister
    nous oublions notre condition 
    d'infime particule de l'univers éternel
    au risque de nous prendre pour de petits dieux indestructibles.