• La menthe-chocolat.

    Les moments détente se déclinent au jardin.
    Les senteurs, les couleurs se mélangent savamment.
    
    Les mains se tendent vers les touchers
    soyeux, rugueux, veloutés.
    Les nez palpitent sous une brise
    toute en nuances.
    
    Quand soudain, au détour d'un chemin,
    une odeur incongrue se présente.
    Le jardinier travaille autour 
    d'une toute petite plante.
    
    Il lève la tête et
    sourit de ma surprise
    - " Ça sent le chocolat!, m'écriai-je.
    - " Oui-da!, C'est la menthe-chocolat que voilà! "
    
    Petites feuilles veloutées, dentelées et vert de gris,
    c'est à la menthe allemande qu'elle ressemble.
    
    Mais pincez un morceau,
    frictionnez-le entre vos doigts,
    fermez donc les yeux.
    
    Rien à voir avec la menthe,
    c'est bien du chocolat!
    Comment est-ce possible?
    Secret de jardinier!
    

  • Le silence des autres si difficile à supporter.

    D'une timidité maladive étant toute jeune, je suis devenue une vraie pie bavarde. Ce bavardage a d'ailleurs quelques ratés depuis quelques temps. Est-ce parce que j'écris de plus en plus? C'est un peu comme si mon esprit travaillait plus vite que mon élocution; on se retrouve dés lors avec le mélange hasardeux du début d'une phrase et de la fin de la suivante. Tandis qu'avec l'écriture, c'est comme si je disciplinais ma pensée. Je crois que ce qui est le plus frustrant, c'est d'avoir une conversation et que notre interlocuteur se détourne pour parler à quelqu'un d'autre ou qu'elle saute à un autre sujet sans vous répondre. Je me dis rarement que ces personnes sont mal-éduquées; n'ai-je moi-même jamais fait pareil? Sûrement, dans une communication verbale, on se rend rarement compte de ses propres erreurs mais on ne loupe pas celles des autres. Alors, je me sens fautives, je me dis que je suis soporifique et que mon verbiage est inintéressant. Plutôt que de m'ouvrir aux autres, je préfère me rétracter derrière mes lectures et écritures. Autour de nous, un grand nombre de personnes n'ont rien à raconter, si ce n'est : se plaindre et cancaner sur son entourage. Comme c'est navrant, il y a tellement de sujets captivants, tellement de discussions passionnantes amènent à des moments privilégiés. Mais les gens ne prennent plus le temps de se parler de vive voix, ils préfèrent les réseaux sociaux; ils n'essaient plus d'aller vers les autres, ils se prélassent devant les chaînes câblées. Ce silence entre les êtres est détestable. Certains sont tellement pris dans l'enchevêtrement de leurs pensées qu'ils sont incapables d'écouter une histoire jusqu'au bout sans demander plusieurs fois : " Oui!, Et alors? ". C' est de l'intérêt ou de l'exaspération? Dans l'obligation de l'instant de rester en notre présence, ils peuvent difficilement se dérober à notre déballage. Et puis, après tout, je prends un malin plaisir comme un mauvais lutin à jouer : je ne suis pas assez intéressante pour toi? Et bien, tant pis! Tu m'écoutera jusqu'au bout! Je n'aime pas le silence oppressant des gens qui ruminent leur mal-être comme si tous les malheurs de la terre leurs tombaient sur la tête. Oui, la vie est dure mais ce n'est pas nouveau. Il faut prendre le temps de mettre les belles choses qui nous entourent sur un piédestal et positiver. Toutefois, j'apprécie énormément le silence paisible, en pleine nature, avec juste le gazouillis des oiseaux et le bruissement des feuilles dans les arbres. Ou encore le silence concentré du travail dans un lieu calme, aéré et lumineux. Ces silences sont : la liberté d'esprit, le vagabondage des idées, l'apaisement de l'âme et le sourire qui s'étire dans un ravissement de bien-être.

  • Petit chemin de vie.

    mon livre.JPGVoici mon premier,
    mon bébé est né,
    tout chaud sorti des presses.
    
    Ce fut avant tout
    un long travail de réflexion :
    Se faire éditer
    ou éditer soi-même?
    
    Le premier, c'est tellement personnel,
    on n'a aucune envie
    d'y voir la griffe d'un autre,
    même si c'est meilleur,
    surtout pour une correction.
    
    Le premier, c'est surtout
    faire passer mon pseudo,
    me faire connaître
    sous un autre jour
    et il est bien difficile
    de se défaire de notre enveloppe quotidienne.
    
    Se justifier...une horreur!
    Et pourtant, c'est avant tout à ça
    que va servir " Petit chemin de vie. ".
    
    C'est tourner une page très grise de ma vie
    sous le nom de Conte Nathalie,
    pour les autres,
    c'est découvrir Inès R. Wiclarmonne.
    
    Toutes mes pensées
    se font sous ce nom
    mais ma personnalité aussi change,
    la maturité de l'âge surtout
    et ce grand besoin d'évasion et de liberté.
    
    Je me libère
    du carcan des contraintes,
    j'oublie les " qu'en dira-t-on ".
    Égoïste positive, je deviens,
    pour mieux me préserver
    du pessimisme de notre ère de crise économique.
    
    Conte Nathalie, auteur-éditeur, sous le pseudo d'Inès R. Wiclarmonne.
    Les poèmes d'une tranche de vie désormais révolue.
    De très beaux dessins tout en fraîcheur d'Annick Bendel.
    Chez www.lulu.com/fr
    Contact : http://ines.r.w@hotmail.com 

  • La danse des ombres.

    Il y a maintenant quelques semaines, je visionnais un magnifique film : Cherry Blossoms. Les sentiments entre deux êtres dans toute leur magnificence; il devient tellement rare de voir autant de délicatesse entre un homme et une femme, qui plus est, entre mari et femme. L'histoire, de prime abord, pourrait sembler banale : une femme d'âge mûr apprend que son mari est en phase terminale de cancer et elle doit le lui apprendre. Le seul bonheur de cet homme, c'est la routine du quotidien et que rien ne vienne troubler cette constance. Elle voudrait partir en voyage, une dernière fois, au Japon auprès d'un de leur fils mais ne connaissant pas son funeste avenir, il repousse cette idée. Il se laisse finalement tenter par Berlin, la ville de leurs deux autres enfants. Ils se sentent de trop, là-bas, et s'octroient, alors, un court séjour au bord de la mer Baltique. Ce soir-là, on pense qu'elle va lui dire mais elle préfère l'entraîner dans une danse...Toute en douceur, toute en finesse, juste une gestuelle où ils se frôlent, se retiennent. Leurs mouvements s'épousent mais c'est elle qui le dirige. Ces pas de danse ne sont pas inconsidérés. C'est comme si c'était sa façon à elle de lui transmettre un message. Elle en devient tellement belle, hors du temps, dans sa longue robe de nuit blanche et son long kimono fleuri. Au matin, elle est morte. Il n'a pas compris le message. Sa hantise est uniquement de savoir comment il pourra la retrouver quand lui aussi sera mort. Il se rend compte de son égoïsme en retrouvant dans ses affaires un petit livre. C'est une série de clichés en noir et blanc reliés, et quand on les laisse défiler rapidement, c'est un film. Elle y est difficilement reconnaissable. Ses cheveux sont ébouriffés, son visage peint en blanc tandis que les yeux et la bouche sont excessivement maquillés pour qu'on ne voie qu'eux. C'est une série de mimiques du faciès et des mains qui s'emmêlent. C'est l'expression forcée jusqu'à la caricature pour arriver à dégager quelque chose de fort : une idée, un rêve, une colère, une peur... Cette façon de s'exprimer par le visage et tout le corps, s'appelle : le buto Ça ne lui plaisait pas qu'elle fasse du buto. Ça ne lui plaisait pas qu'elle veuille voir le Japon, le mont Fuji et les cerisiers en fleurs. Alors, maintenant, seul, il prend son argent, le livre de sa femme, sa tenue préférée et, bien-sûr, la robe de nuit et le kimono. Il débarque au Japon chez son fils qui ne comprend rien aux réponses qu'il cherche. Il met les vêtements de sa femme comme s'il pouvait entrer en elle et lui demander " Où es-tu? Où puis-je te retrouver? ". Il va suivre un fil conducteur, une jeune fille de 18 ans qui danse le buto dans un parc. Malgré la différence d'âge, de culture, de langue, elle va comprendre qu'il veut aller au mont Fuji. Ce périple s'organise au milieu d'un nuage de pétales de fleurs de cerisiers, c'est le hanami. Les sakuras ou cerisiers ornementaux du Japon sont symbole de beauté éphémère et leur floraison est attendue avec frénésie, on ne rate pas la météo pour pouvoir s'adonner aux réjouissances du début de printemps : pique-nique, joie, festival. Arrivés au mont Fuji, le magnifique volcan et sa neige éternelle jouent à cache-cache dans le brouillard. Un jour, tôt au matin, enfin, il se reflète dans le lac tout proche. Alors il se change, enfile le kimono, se peint le visage en blanc, les lèvres en rouge et les yeux outrageusement en noir. Au bord du lac, il commence à danser comme cette dernière nuit avec sa femme. Sous les yeux bienfaisants du Fuji, le miracle se produit, elle est là, à nouveau entre ses bras, accompagnant ses gestes pour l'inviter à la rejoindre. La jeune fille le retrouvera mort près du lac. Elle fera comprendre à son fils qu'il est mort heureux. Il a trouvé les réponses à ses questions, il a retrouvé sa femme. Il est incinéré dans la plus pure tradition nippone. Ce film m'a offert un rayon de soleil par une après-midi pluvieuse. Si seulement , juste un peu, avec ma modeste plume, j'ai pu attirer votre intérêt, j'ai pu vous faire toucher du bout du doigt le rêve de cette femme : voir le Japon, admirer le mont Fiji, manger et boire à un hanami et surtout danser le buto...ces lignes ne seront pas vaines. Peut-être comme moi , mettrez-vous en fond d'écran un magnifique Cherry blossom, le rêve japonais du printemps sous une avalanche de fleurs de cerisiers. Vous découvrirez dans de la documentation comment est né le buto, à la fin de la seconde guerre mondiale : Les japonais ont perdu la guerre mais aussi leur identité. Ils ont préféré exprimer plutôt que d'illustrer, ils ont préféré l'action plutôt que l'image. Cette danse est teintée de bouddhisme et de croyances shinto, c'est une introspection de l'être au cœur de l'univers au travers de gestes lents, absurdes voire grotesques, souvent dansé quasi nu et le crâne rasé.