"La voleuse de livres.", Markus Zusak.

« Tout en elle était dénutri. Elle avait des mollets comme des fils de fer. Des bras comme un porte-manteau. Même son sourire, si rare fut-il, était affamé. » 

« La rue des étoiles jaunes.

Dans cette rue qui ressemblait à un long bras fracturé, se dressaient plusieurs maisons aux fenêtres lacérées et aux murs meurtris. Sur les portes étaient peintes des étoiles de David. Ces maisons étaient presque comme des lépreux. Au minimum, elles étaient des plaies infectées sur le terrain allemand blessé. »

 « Était-il vraiment un lâche…pendant la première guerre mondiale, peut-être. C’est d’ailleurs ce qui à ses yeux lui avait permis de survivre. Mais est-ce être lâche que d’apprécier d’être encore vivant ? Est-ce être lâche que de reconnaître qu’on a peur ? »

 « Elle passa le dos de la main le long de la première étagère, écoutant le frottement de ses ongles contre la moelle épinière de chaque volume. On aurait cru le son d’un instrument de musique ou le rythme saccadé d’une fuite… elle recommença, alors, plus lentement, cette fois, la paume des mains tournées vers les livres pour mieux sentir le dos de chacun. »

 « Ce fût enfin la septième face du dé… un sept. Vous jetez le dé et vous voyez venir la chose en prenant conscience que ce n’est pas un dé réglementaire. Vous dites que c’est de la malchance, mais vous avez toujours su que cela devait arriver… Et c’est un sept, il vous regarde dans les yeux, répugnant et miraculeux… signe annonciateur d’événements à venir. »

 « Ses rides ressemblaient à de la calomnie. Sa voix équivalait à des coups de bâton. »

 « Ensemble, ils regardèrent les humains disparaître à leur vue. Ils les regardèrent se dissoudre comme des comprimés effervescents dans l’atmosphère humide. »

 « … les jolis livres aux titres bien nets. Elle sentait ce grand brassage tandis qu’elle parcourait les pages aux ventres pleins à ras bord de paragraphes et de mots… ne me rendez pas heureuse. Surtout ne venez pas me remplir pour que je croie que quelque chose de bon peut sortir de tout cela. »

 « Elle lui donna une raison d’écrire ses propres mots, de constater que les mots l’avaient aussi ramenée à la vie. Pourtant, la punition et la souffrance seraient présentes, tout comme le bonheur. C’était cela l’écriture. »

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