"Train d’enfer pour ange rouge.", Franck Thilliez.

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On parle du dernier livre qu'on a aimé. Moment privilégié!

Train d’enfer pour ange rouge est le deuxième roman de Franck Thilliez. Son premier a été publié sur internet en 2002 : Conscience animale.

Des éditions premiers prix nous permettent de découvrir les premiers romans d’écrivains connus ou d’écrivains qu’on aime déjà : j’ai adoré ses romans Pandémia et Angor ; quant à Rêver, je ne l’ai pas encore entamé.

Ce que j’aime particulièrement dans les livres, c’est de pouvoir décrocher de la réalité et d’occulter ce qui m’entoure. Je suis projetée à l’intérieur de l’écriture de l’auteur.

Franck Thilliez traite de sujets tellement noirs qu’ils nous font dresser les cheveux sur la tête. D’autant plus que nous nous retrouvons dans la réalité la plus noire du genre humain.

Dans Train d’enfer pour ange rouge, le célèbre 36 quai des orfèvres de Paris s’occupe d’un tueur en série qui allie les scènes macabres à connotations religieuses et sadomasochistes. Il balade les enquêteurs sur la toile internet et l’informatique de pointe. Au final, du bout des doigts, on touche aux Snuf Movies.

Ce n’est pas le tueur qui est au centre de l’histoire mais le commisaire Sharko, puisque le tueur s’attaque à chacun des êtres qui lui sont chers… surtout à sa femme.

La force de la trame tient dans la base documentaire de l’écrivain, la dimension humaine et la douceur de l’écriture ; ses descriptions sont très poétiques :

 Les murailles serrées d’écorces et de feuilles ramenaient l’horizon au bout de notre nez.

 C’est par petites notes qu’il nous donne des bruits, des odeurs, des images et des pensées :

Lorsque ce morbide cortège de pensées se décida à m’abandonner, le train du sommeil finit par m’emporter, alors que s’élançaient déjà au ciel les lueurs enfantées par l’aube.

 L’immensité bleue qui s’ouvrait devant moi accueillait mes pleurs dans son silence marin, les entrainait avec elle au fond de ses eaux, comme des coffres destinés à ne jamais être ouverts.

 Les mots sont le miroir de l’âme et j’espérais bien découvrir le visage du tueur sur les reflets de l’encre.

 Les souvenirs s’estompent mais ne disparaissent pas, ils vont et viennent comme des langues d’écume qui s’échouent sur une plage avant de repartir grandies par leur substance même. Ils tissent ce que nous sommes bien plus que ce que nous avons été.

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